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Mosquée historique · Taïf

Mosquée Abdallah ibn Abbas : le camp du siège

📍 GPS 21.270422, 40.408314
🏷 Type Mosquée historique
📍 Région Taïf
مسجد عبد الله بن عباس
Photo en cours Photo prise sur place, bientôt en ligne

L'histoire

En Chawwal de l'an 8, les Hawazin sont vaincus à Hunayn. Les combattants de Thaqif s'enfuient et s'enferment dans leur fort de Taïf. Selon al-Waqidi, ils y avaient entassé des provisions pour un an. Le Prophète ﷺ envoie le butin à al-Jiʿrana et marche sur Taïf. En chemin, il bâtit une mosquée de ses mains à Liyya (voir n° 08), puis fait halte sous le jujubier d'as-Sadira (voir n° 10).

Le premier camp est trop près du mur. ʿAmr ibn Oumayya ad-Damri raconte qu'une pluie de flèches s'abattit sur eux, « كَأَنَّهُ رِجْلُ جَرَادٍ » (« comme un nuage de sauterelles »). Le Prophète ﷺ charge al-Houbab ibn al-Moundhir de trouver « مَكَانًا مُرْتَفِعًا مُسْتَأْخِرًا عَنِ الْقَوْمِ » (« un endroit élevé, en retrait de l'ennemi »). Al-Houbab s'arrête, dit al-Waqidi, là où se trouve « la mosquée de Taïf, hors de la ville ».

Deux épouses du Prophète ﷺ l'accompagnent, Oumm Salama et Zaynab, qu'Allah les agrée. Il leur fait dresser deux tentes. Al-Waqidi précise : « ثُمَّ كَانَ يُصَلِّي بَيْنَ الْقُبَّتَيْنِ حِصَارَ الطَّائِفِ كُلَّهُ » (« puis il pria entre les deux tentes pendant tout le siège de Taïf »).

Ibn Hicham rapporte que le Prophète ﷺ fut le premier en Islam à utiliser un mangonneau. Selon al-Waqidi, c'est Salman le Persan qui en eut l'idée, car on s'en servait en Perse. Un jour, des Compagnons s'approchent du mur pour le percer, à l'abri d'une dabbaba, une sorte de toit couvert de peaux de bœuf. Thaqif fait pleuvoir sur eux des barres de fer chauffées au rouge : ce fut « le jour de la Chadkha ». On commence alors à couper les vignes de Thaqif. Les assiégés en appellent aux liens de parenté, et le Prophète ﷺ fait cesser la coupe : « فَإِنِّي أَدَعُهَا لِلَّهِ وَلِلرَّحِمِ » (« Je les laisse donc pour Allah et pour la parenté »).

Son héraut proclame : « أَيُّمَا عَبْدٍ نَزَلَ مِنَ الْحِصْنِ وَخَرَجَ إِلَيْنَا فَهُوَ حُرٌّ » (« Tout esclave qui descend du fort et vient à nous est libre »). Plus d'une dizaine d'esclaves descendent. L'un d'eux, Noufayʿ ibn Masrouh, se laisse glisser au moyen d'une poulie (bakra), d'où son surnom d'Abou Bakra. Al-Boukhari confirme qu'il descendit vers le Prophète ﷺ, « le troisième de vingt-trois, depuis Taïf ». Le Prophète ﷺ confie chacun d'eux à un Compagnon, chargé de le nourrir et de lui apprendre le Coran. Plus tard, quand les notables de Thaqif voudront les reprendre, il répondra : « أُولَئِكَ عُتَقَاءُ اللَّهِ » (« Ceux-là sont les affranchis d'Allah »).

Ibn Ishaq compte douze martyrs musulmans, dont ʿAbd Allah ibn Abi Oumayya, le frère d'Oumm Salama. Selon les historiens, le siège dure une vingtaine de nuits. Dans le Sahih de Mouslim, Anas parle de quarante nuits. Dans le Sahih d'al-Boukhari, Ibn ʿOumar raconte la fin. Le Prophète ﷺ annonce : « إِنَّا قَافِلُونَ إِنْ شَاءَ اللَّهُ » (« Nous repartons, si Allah le veut »). Les Compagnons, déçus, veulent rester. Il leur dit : « اغْدُوا عَلَى الْقِتَالِ » (« Allez combattre demain matin »). Ils en reviennent couverts de blessures. Il répète : « إِنَّا قَافِلُونَ غَدًا إِنْ شَاءَ اللَّهُ » (« Nous repartons demain, si Allah le veut »). Cette fois, la nouvelle leur plaît, et le Prophète ﷺ rit. Les historiens précisent qu'Allah ne lui avait pas donné la permission de prendre Taïf.

Au départ, on lui demande de maudire Thaqif. Il répond : « اللَّهُمَّ اهْدِ ثَقِيفًا وَأْتِ بِهِمْ » (« Ô Allah, guide Thaqif et amène-les »). Ibn Ishaq, al-Waqidi et Ibn Saʿd rapportent cette parole. At-Tirmidhi la rapporte aussi, sous la forme « اللَّهُمَّ اهْدِ ثَقِيفًا », et la juge bonne, mais al-Albani juge sa chaîne faible.

Thaqif finit par venir à l'Islam. ʿOurwa ibn Masʿoud, l'un de ses chefs, se convertit le premier ; il retourne appeler les siens, qui le tuent, et il est enterré avec les martyrs du siège. En Ramadan de l'an 9, une délégation de Thaqif vient à Médine et embrasse l'Islam. Elle demande à garder al-Lat, son idole, trois ans, puis un an, puis un mois. Le Prophète ﷺ refuse. Elle demande aussi à être dispensée de la prière. Il répond : « لَا خَيْرَ فِي دِينٍ لَا صَلَاةَ فِيهِ » (« Il n'y a aucun bien dans une religion sans prière »). Il nomme gouverneur ʿOuthman ibn Abi l-ʿAs, le plus jeune d'entre eux et le plus désireux d'apprendre le Coran.

Al-Moughira ibn Chouʿba et Abou Soufyan accompagnent la délégation à son retour pour détruire al-Lat, l'idole nommée dans le Coran : « أَفَرَأَيْتُمُ اللَّاتَ وَالْعُزَّىٰ » (« Avez-vous vu al-Lat et al-ʿOuzza ? », an-Najm 53:19). Al-Moughira monte sur l'idole et la frappe à la pioche. Ibn al-Kalbi place al-Lat sous le minaret gauche de la mosquée de Taïf. Les auteurs ne s'accordent pas pour dire si c'est cette mosquée-ci ou une autre, dans l'ancienne ville.

Après la conversion de Thaqif, ʿAmr ibn Oumayya, un homme de la tribu, bâtit une mosquée sur le lieu de prière du Prophète ﷺ (Ibn Ishaq). Al-Waqidi l'appelle Oumayya ibn ʿAmr. Au IIe siècle H, une inscription de Oumm Jaʿfar, l'épouse du calife Haroun ar-Rachid, annonce la restauration de « la mosquée du Messager d'Allah ﷺ à Taïf ». Au VIIIe siècle H, al-Matari décrit une grande mosquée, dont la cour gardait, entre deux petites coupoles, le lieu de prière du Prophète ﷺ. Le bâtiment a été reconstruit sous les rois Saʿoud (1378 H) et Faysal (1381 H), puis à partir de 1436 H. Il est inscrit au registre national du patrimoine depuis 1444 H.

La mosquée porte le nom de ʿAbd Allah ibn ʿAbbas, qu'Allah l'agrée. C'était le cousin du Prophète ﷺ, qui avait prié pour lui : « اللَّهُمَّ فَقِّهْهُ فِي الدِّينِ » (« Ô Allah, donne-lui la compréhension de la religion »). Pendant les troubles de l'époque d'Ibn az-Zoubayr, il quitte La Mecque pour Taïf. Il y meurt en 68 H, vers l'âge de soixante-dix ans. Mohammed ibn al-Hanafiyya prie sur lui et dit : « الْيَوْمَ مَاتَ رَبَّانِيُّ هَذِهِ الْأُمَّةِ » (« Aujourd'hui est mort le savant de cette communauté »). Sa tombe se trouve aujourd'hui dans le cimetière qui jouxte la mosquée. Celui qui y passe peut saluer les morts comme le Prophète ﷺ l'enseignait : « السَّلَامُ عَلَيْكُمْ أَهْلَ الدِّيَارِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُسْلِمِينَ » (« Paix sur vous, habitants de ces demeures, croyants et musulmans »).

Ce qui est sûr et ce qui ne l'est pas

Sources

1. Ibn Hicham, as-Sira an-nabawiyya, t. 2, p. 481-487 (route, camp, deux tentes, mosquée de ʿAmr ibn Oumayya, mangonneau, Chadkha, vignes, permission refusée, affranchis, martyrs, « اللهم اهد ثقيفا وأت بهم ») ; t. 2, p. 536-541 (ʿOurwa ibn Masʿoud, délégation de Thaqif, « لا خير في دين لا صلاة فيه », al-Lat, ʿOuthman ibn Abi l-ʿAs).
2. Al-Waqidi, al-Maghazi, t. 3, p. 922-937 (fort, al-Houbab, « كأنه رجل من جراد », deux tentes, Salman et le mangonneau, Chadkha, « أدعها لله وللرحم », Abou Bakra, « أولئك عتقاء الله », durée, départ, invocation) ; t. 3, p. 937-938 (liste des martyrs).
3. Ibn Saʿd, at-Tabaqat al-koubra, t. 2, p. 119-120 (siège de 18 jours, deux tentes, invocation) ; t. 2, p. 280 (« مات رباني هذه الأمة ») ; t. 5, p. 75 (mort d'Ibn ʿAbbas en 68 H) ; t. 5, p. 86 (Ibn al-Hanafiyya enterré au Baqiʿ).
4. Al-Boukhari, as-Sahih, n° 4325 (« إنا قافلون غدا إن شاء الله ») ; n° 4326-4327 (Abou Bakra) ; n° 143 (« اللهم فقهه في الدين »).
5. Mouslim, as-Sahih, n° 1059 (siège de quarante nuits, d'Anas) ; n° 975 (salutation des tombes).
6. At-Tirmidhi, as-Sunan, n° 3942 (« اللهم اهد ثقيفا », jugé « حسن غريب ») ; jugements d'al-Albani et de Zoubayr ʿAli Zaʾi (faible) : https://hadithunlocked.com/tirmidhi:3942
7. Abou Dawoud, as-Sunan, n° 450 ; Ibn Maja, as-Sunan, n° 743 ; al-Bayhaqi, Dalaʾil an-noubouwwa, t. 5, p. 305 (mosquée de Taïf à la place de l'idole).
8. Ibn ʿAbd al-Barr, al-Istiʿab, t. 3, p. 933 (mort d'Ibn ʿAbbas, âge, prière d'Ibn al-Hanafiyya).
9. Ibn Hajar, Fath al-Bari, t. 8, p. 44 (commentaire du n° 4325 : durée, invocation).
10. Yaqout al-Hamawi, Muʿjam al-bouldan, t. 5, p. 3 (al-Lat « sous le minaret gauche de la mosquée de Taïf », d'après Ibn al-Kalbi).
11. As-Samhoudi, Wafaʾ al-wafa, t. 3, p. 181-182 (al-Matari, al-Fasi, inscription de Oumm Jaʿfar datée de 172 H).
12. Saudipedia, « مسجد عبدالله بن عباس » (reconstructions de 1378, 1381 et 1436 H ; inscription au registre en 1444 H) : https://saudipedia.com/مسجد-عبدالله-بن-عباس
13. Hammad as-Salimi, « المساجد الأثرية في الطائف », Al-Jazirah, 31/10/1999 : https://al-jazirah.com/1999/19991031/fu4.htm

📍 Coordonnées GPS

21.270422, 40.408314
Repéré sur le terrain par Abou Ahmed, Local Guide niveau 8 sur Google Maps.

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