L'histoire
Vu de la plaine, Jabal Maqla étonne : la base est claire, le sommet presque noir. La carte géologique de 1967 (Trent et Johnson) explique ce contraste. Le sommet est fait d'anciennes laves et de cendres volcaniques, transformées par la chaleur du granit qui est monté dessous. Ce phénomène est bien plus ancien que toute présence humaine. On le voit aussi sur d'autres sommets de la région.
Des auteurs américains (Jim et Penny Caldwell, Ryan Mauro, Joel Richardson) disent que c'est le vrai mont Sinaï, « brûlé » quand Dieu y est descendu. Ils montrent aussi, autour, une « grotte d'Élie » près du sommet, une plaine de « Rephidim » et un « cimetière ». Aucune fouille n'a été publiée sur ces lieux. Les tombes en tas de pierres de la plaine sont très courantes en Arabie du Nord-Ouest.
En arabe, « مَقْلَع » veut d'abord dire « carrière de pierre », pas « brûlé ». Le Coran dit : « فَلَمَّا تَجَلَّىٰ رَبُّهُۥ لِلْجَبَلِ جَعَلَهُۥ دَكًّا » (« Mais lorsque son Seigneur Se manifesta au Mont, Il le pulvérisa », 7:143, traduction du sens, Hamidullah). Il ne parle pas d'une montagne noircie. Aucun texte ne décrit la couleur du Tur.
Ce qui est sûr et ce qui ne l'est pas
- Sûr : un sommet de granit coiffé de roche métamorphique sombre (carte géologique de 1967).
- Thèse moderne : « le Sinaï brûlé », la « grotte d'Élie », « Rephidim », le « cimetière ». Aucune fouille publiée, aucun appui islamique.
- Pratique : le pied se rejoint en 4x4 avec un guide depuis al-Badʿ. La montée n'a ni sentier ni encadrement. Zone NEOM.
Sources
1. Coran, al-Aʿraf 7:143.
2. Trent & Johnson, Geologic map, MI-13, DGMR/USGS, 1967.
3. Wikipédia (en), « Jabal Maqla ».
4. Al-Watan, 25 mars 2011 : https://www.alwatan.com.sa/article/85429