MOSQUÉE SA'D IBN MU'ADH (FATIMA)
Le compagnon dont le trône d'Allah trembla.
Un compagnon à la mort cosmique
Il y a des compagnons connus de tous : Abu Bakr, Umar, Uthman, Ali. Et il y en a d'autres, moins connus, dont la grandeur est telle que les anges descendirent en masse sur Terre pour assister à leur enterrement.
Sa'd ibn Mu'adh (رضي الله عنه) est de ceux-là.
Chef des Banu Aws à Médine. L'un des piliers des Ansars. Il se convertit à l'Islam avant la Hijra, ce qui entraîna la conversion massive de tout son clan en un seul jour. Il combattit à Badr et à Uhud. Et il fut blessé mortellement à la bataille du Khandaq, par une flèche qui sectionna une artère de son bras.
Le hadith sur sa mort
Le Prophète ﷺ dit, en apprenant la mort de Sa'd : « Le trône du Très-Miséricordieux a tremblé pour la mort de Sa'd ibn Mu'adh. » (Sahih al-Bukhari n°3803 · Sahih Muslim n°2466)
Lis cela attentivement. Le trône d'Allah — Al-'Arsh, la plus immense des créations divines — a tremblé pour la mort d'un seul homme. Pas pour Adam. Pas pour Nuh. Pas pour Ibrahim. Pas pour Musa. Pour Sa'd ibn Mu'adh.
Le Prophète ﷺ ajouta : « Soixante-dix mille anges sont descendus pour son enterrement, qui n'étaient jamais descendus sur Terre auparavant. » (Sahih Muslim · Hakim)
Le jugement de Bani Qurayza
Mais ce qui rendit Sa'd véritablement célèbre, ce fut son jugement contre les Banu Qurayza.
Pendant la bataille du Khandaq, alors que les musulmans étaient assiégés, la tribu juive des Banu Qurayza — qui avait pourtant un pacte avec le Prophète ﷺ — trahit l'alliance et tenta de poignarder les musulmans dans le dos.
Après la victoire, Sa'd fut désigné comme arbitre. Sa'd, déjà mortellement blessé, donna son verdict selon la propre Loi de la Torah que les Banu Qurayza prétendaient suivre.
Le Prophète ﷺ valida le jugement : « Tu as jugé selon le jugement d'Allah, du dessus des sept cieux. » (Sahih al-Bukhari n°3043 · Sahih Muslim n°1768)
L'invocation de Sa'd
Avant de mourir, Sa'd avait fait cette invocation : « Ô Allah, Tu sais que rien ne m'est plus aimé que de combattre dans Ta voie un peuple qui a renié Ton Prophète. Si donc il reste de la guerre contre Quraysh, garde-moi en vie pour que je combatte. Mais si Tu as mis fin à la guerre, alors fais saigner ma blessure et fais-moi mourir par elle. » (Ahmad · Hakim)
Allah exauça précisément cette invocation. Sa'd vécut juste assez pour voir la défaite des coalisés et le jugement contre Bani Qurayza. Puis sa blessure se rouvrit, et il mourut comme il l'avait demandé.
Ce que cette histoire enseigne
1. La grandeur ne se mesure pas à la durée d'une vie. Sa'd a été musulman moins de 6 ans.
2. L'invocation sincère est exaucée.
3. La justice prime sur la sentimentalité.
4. Le ciel s'incline devant les justes — 70 000 anges pour un seul homme.