MOSQUÉE SA'D IBN MU'ADH (FATIMA)
Le compagnon dont le trône d'Allah trembla.
Un compagnon à la mort cosmique
Il y a des compagnons connus de tous : Abu Bakr, Umar, Uthman, Ali. Et il y en a d'autres, moins connus, dont la grandeur est telle que soixante-dix mille anges assistèrent à leur enterrement.
Sa'd ibn Mu'adh (رضي الله عنه) est de ceux-là.
Chef des Banu Aws à Médine. L'un des piliers des Ansars. Il se convertit à l'Islam avant la Hijra, ce qui entraîna la conversion massive de tout son clan en un seul jour. Il combattit à Badr et à Uhud. Et il fut blessé mortellement à la bataille du Khandaq, par une flèche qui l'atteignit à la veine du bras (al-akhal).
Le hadith sur sa mort
Le Prophète ﷺ dit, alors que le corps de Sa'd était porté devant eux : « Le trône du Très-Miséricordieux a tremblé pour la mort de Sa'd ibn Mu'adh. » (Sahih al-Bukhari n°3803 · Sahih Muslim n°2466)
Lis cela attentivement. Le trône d'Allah (Al-'Arsh, la plus immense des créations divines) a tremblé pour la mort d'un seul homme : Sa'd ibn Mu'adh.
Le Prophète ﷺ dit aussi : « Celui-ci est celui pour qui le Trône a bougé, pour qui les portes du ciel ont été ouvertes, et à l'enterrement duquel ont assisté soixante-dix mille anges. » (Sunan an-Nasa'i n°2055, d'après Ibn Umar)
Le jugement de Bani Qurayza
Mais ce qui rendit Sa'd véritablement célèbre, ce fut son jugement contre les Banu Qurayza.
Pendant la bataille du Khandaq, alors que les musulmans étaient assiégés, la tribu juive des Banu Qurayza, qui avait pourtant un pacte avec le Prophète ﷺ, rompit l'alliance et se rangea du côté des coalisés, menaçant les musulmans par l'arrière.
Après la victoire, les Banu Qurayza assiégés se rendirent et le Prophète ﷺ remit le jugement à Sa'd. Sa'd, déjà mortellement blessé, prononça son verdict (certains auteurs notent qu'il correspond aussi à ce que prévoit la Torah, Deutéronome 20).
Le Prophète ﷺ valida le jugement : « Tu as jugé à leur sujet selon le jugement du Roi (Allah). » (Sahih al-Bukhari n°3043 · Sahih Muslim n°1768). L'ajout « du dessus des sept cieux » figure dans d'autres recueils (an-Nasa'i al-Kubra, al-Hakim).
L'invocation de Sa'd
Avant de mourir, Sa'd avait fait cette invocation : « Ô Allah, Tu sais que personne ne m'est plus aimé à combattre dans Ta voie qu'un peuple qui a traité Ton Messager de menteur et l'a expulsé. Si donc il reste de la guerre contre Quraysh, garde-moi en vie pour que je les combatte. Mais si Tu as mis fin à la guerre, alors rouvre ma blessure et fais que ma mort soit par elle. » (Sahih al-Bukhari n°4122 · Sahih Muslim n°1769)
Allah exauça précisément cette invocation. Sa'd vécut juste assez pour voir la défaite des coalisés et le jugement contre Bani Qurayza. Puis sa blessure se rouvrit, et il mourut comme il l'avait demandé.
Ce que cette histoire enseigne
1. La grandeur ne se mesure pas à la durée d'une vie. Sa'd a été musulman environ six ans.
2. L'invocation sincère est exaucée.
3. La justice prime sur la sentimentalité.
4. Le ciel s'incline devant les justes — 70 000 anges pour un seul homme.