MOSQUÉE ET MASHRABAH D'UMM IBRAHIM (MARIYA LA COPTE)
La maison de Mariya la Copte, mère du fils du Prophète ﷺ.
Un cadeau venu d'Égypte
En l'an 6 de l'Hégire, après le Traité d'Hudaybiyya, le Prophète ﷺ envoya des messagers aux rois et empereurs du monde. Parmi eux, Al-Muqawqis, le gouverneur byzantin d'Égypte.
Al-Muqawqis ne se convertit pas, mais il accueillit favorablement le messager. Et il envoya des cadeaux au Prophète ﷺ. Parmi ces cadeaux, deux jeunes femmes coptes — sœurs : Mariya et Sirin.
Mariya devint concubine du Prophète ﷺ et fut, plus tard, libérée. Sirin fut donnée par le Prophète ﷺ à son poète Hassan ibn Thabit.
La naissance d'Ibrahim
En l'an 8 de l'Hégire, Mariya donna naissance à un fils du Prophète ﷺ. Le Messager d'Allah ﷺ lui donna le nom de son ancêtre Ibrahim.
C'était le seul fils du Prophète ﷺ né à Médine. Tous ses autres enfants étaient nés à La Mecque, de Khadija (رضي الله عنها).
À la naissance d'Ibrahim, le Prophète ﷺ fut rempli d'une joie immense. Il dit : « Une enfant m'est né cette nuit, et je l'ai nommé du nom de mon père Ibrahim. » (Sahih Muslim n°2315)
La maison-jardin
La maison de Mariya se trouvait dans un quartier périphérique appelé Al-'Awali (les hauteurs). Le terme arabe mashrabah désigne précisément un lieu surélevé entouré de verdure, comme une terrasse-jardin.
Le Prophète ﷺ s'y rendait régulièrement pour visiter Mariya et son fils.
La mort tragique d'Ibrahim
Ibrahim mourut à l'âge de 18 mois environ, en l'an 10 de l'Hégire. Le Prophète ﷺ entra dans sa chambre alors qu'il était mourant. Il le prit dans ses bras. Et les larmes coulèrent sur son visage.
Abdul-Rahman ibn 'Awf (رضي الله عنه), présent, lui dit : « Toi aussi, ô Messager d'Allah ? » Le Prophète ﷺ répondit : « Ô Ibn 'Awf, ceci est miséricorde. L'œil pleure, le cœur s'attriste, et nous ne disons que ce qui plaît à notre Seigneur. Ô Ibrahim, certes nous sommes attristés par ta séparation. » (Sahih al-Bukhari n°1303 · Sahih Muslim n°2315)
L'éclipse coïncidente
Le jour de la mort d'Ibrahim, une éclipse de soleil eut lieu. Les gens dirent : « Le soleil s'est éclipsé pour la mort d'Ibrahim. » Le Prophète ﷺ se leva et démentit fermement cette superstition : « Le soleil et la lune sont deux signes parmi les signes d'Allah. Ils ne s'éclipsent ni pour la mort de quelqu'un ni pour sa vie. Quand vous voyez cela, hâtez-vous vers la prière. » (Sahih al-Bukhari n°1043 · Sahih Muslim n°901)
Voilà la rationalité de l'Islam. Le Prophète ﷺ refusa que la mort de son propre fils soit attribuée à un signe cosmique.